Courteline et les Femmes de Courteline


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Le choix de COURTELINE n’a rien du hasard. La richesse et la diversité des pièces nous ont permis de mettre en scène un grand nombre de participants :

  • «LE GORA » : deux comédiens
  • «GROS CHAGRINS » : deux comédiens
  • «LA PEUR DES COUPS » : deux comédiens
  • «LES BOULINGRINS » : quatre comédiens.

Pour compléter le spectacle et faire une liaison entre chaque pièce, nous avons mis en scène «Monsieur COURTELINE », une parodie écrite par Christel et Gérard LARROUY.

Presque deux heures « non stop », sans fermeture de rideau.


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Tout commence par une histoire de chat, «LE GORA », un nangora, un tangora ou zangora, qui sème la discorde dans un couple.

M. COURTELINE, dans cette pièce, utilise sa plume avec dextérité, joue avec les mots et ce n’est que le début.

Extrait :

  • Gustave : Tu t’emballes. Tu as bien tort ! Je dis : «On dit un angora, un petit angora ou un gros angora ». Il n’y a pas de quoi fouetter un chien et tu ne vas pas te fâcher pour une question de liaison !
  • Bobéchotte : Liaison !… Une liaison comme la nôtre vaut mieux que bien des ménages, d’abord. Et puis si ça ne te suffit pas, épouse-moi. Est-ce que je t’en empêche ? Malapris ! Grossier personnage !
  • Gustave : Moi ?
  • Bobéchotte : D’ailleurs tout ça, c’est de ma faute et je n’ai que ce que je mérite. Si au lieu de me conduire gentiment avec toi, je m’étais payé ton 24/30 comme les 19ème des grenouilles que tu as gratifiées de tes faveurs, tu te garderais bien de te payer le mien aujourd’hui. C’est toujours le même raisonnement : «Je ne te crains pas ! Je t’enquiquine ! » … Quelle dégoûtation, bon Dieu ! Heureusement, il est encore temps.


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Après cette histoire, un petit nombre de femmes investit le cabinet d’écriture de M. COURTELINE. La révolte commence.

Extrait :

M. COURTELINE est à son bureau. Il parle tout seul. Il cherche son sujet.

  • Courteline : Voyons voir… une histoire un tantinet légère, moult rebondissements et autres canailleries. Une femme dans son salon…en costume de bal…attend son mari. Non ! Trop commun ! De l’originalité, que diable ! Réfléchissons…Une femme, donc. Oui ! C’est toujours bon un début avec une femme…une femme, un peu légère…pas très maligne et jalouse… Parfait pour le poignant ! Commençons dans le vif du sujet. Il écrit : «Je vous arracherai les yeux, mon cher, si vous ne partez pas dans la seconde… ».Surgit une femme.
  • Sylvie : Oh oui ! Je vous arracherai les yeux.
  • Courteline : Pardon ? Comment ? C’est à moi que vous vous adressez ?
  • Sylvie : Voyez-vous quelqu’un d’autre ici ?
  • Courteline : Ben ! Ma foi, non.


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«GROS CHAGRINS » est la pièce suivante. Une jeune femme pleure, son mari la trompe. Une affaire qu’adore M. COURTELINE.

Extrait :

  • Gabrielle : Ah ! Les lâches ! Ah ! Mes misérables, les infâmes ! Voilà pourtant à qui nous sacrifions tout, notre jeunesse, nos illusions, nos pudeurs ! Jamais, tu entends bien, jamais, je ne pardonnerai ça à Fernand. Mon Dieu, que je souffre ! Pour sûr, je vais avoir une attaque de nerfs !
  • Caroline (désolée) : Je t’en prie, Gabrielle, pas d’attaque ! Puisque je te dis que je suis sans bonne !
  • Gabrielle : Donne-moi un peu d’eau de mélisse.
  • Caroline : Tout à l’heure. Tiens, mon petit chat, tu ne sais pas ce que tu vas faire ?
  • Gabrielle : Si. Je vais me suicider.


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Après cette nouvelle histoire, un plus grand nombre de femmes assiège le cabinet d’écriture de M. COURTELINE. L’affaire se corse, le ton monte…
La révolte menace. Les femmes n’en peuvent plus. Elles préparent leur vengeance.

Extrait :

  • Sylvie : Ah ! Vous ne vous souvenez pas. Mais, M. COURTELINE vos personnages…tout droit sortis de votre esprit mesquin et… petit.
  • Courteline : Mes personnages ?
  • Déborah : La risée de tous !
  • Sylvie : La bêtise incarnée !
  • Déborah : Les cervelles de piafs !
  • Marie : Des idiotes infidèles !
  • Sylvie : Vous souvenez-vous du petit Nangora ?


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«LA PEUR DES COUPS » prend la suite. Une nouvelle fois, un couple plutôt bizarre pour l’époque. Mais, comme d’habitude avec M. COURTELINE, l’histoire finit en dérision.

Extrait :

  • Sidonie : Par exemple, elle est raide celle-là ! Moi, moi, je n’ai pas de sang dans les veines ! En six mois de temps, j’ai flanqué onze bonne à la porte, et je n’ai pas de sang dans les veines ? D’ailleurs, c’est bien simple. Où est l’encre ? (Elle s’installe devant le guéridon, attire à elle un cahier de papier). Je ne voulais pas donner de suite à cette affaire…
  • Aglaé : Ça, je m’en doute !
  • Sidonie : me réservant de dire son fait à ce monsieur le jour où je le rencontrerai. Mais puisque tu le prends comme ça, c’est une autre paire de manches. Je vais vous faire voir à tous les deux si oui ou non je suis quelqu’un qui a peur des coups. Elle écrit : «Monsieur, votre attitude à l’égard de ma compagne a été celle du dernier des goujats et du dernier des paltoquets. »
  • Aglaé : Ne fais donc pas l’intéressante ! Tu sais très bien que tu n’as pas son adresse.
  • Sidonie : J’ai son nom et le numéro de son régiment. C’est suffisant et au-delà ! (Elle paraphe sa lettre d’une arabesque imposante). (Elle ricane). Qu’est-ce que tu attends ?


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Sans plus tarder, toutes les femmes entrent en scène. Rien ne va plus ! C’est le procès de M. COURTELINE. Pris à parti par cette junte féminine révoltée par sa misogynie,
M. COURTELINE fait appel à son grand ami Sacha GUITRY pour l’aider dans sa défense. Il est toutefois condamné par le Tribunal de femmes ! Sa condamnation est d’écrire une pièce
«classique ».

Extrait :

  • La Présidente du Tribunal : «Après en avoir longuement délibéré, le Tribunal vous condamne à ne plus ridiculiser ni martyriser les femmes. En conséquence, votre peine sera d’écrire une pièce de théâtre… «classique ». Prenez donc exemple sur Corneille, Molière, Racine…ou d’autres…mais surtout pas sur M. Sacha GUITRY ! Cette peine est exécutable immédiatement et est sans appel. Gendarme, faites exécuter la sentence. L’audience est levée.

M. COURTELINE, contraint et forcé, se met au travail sous l’œil vigilant de la « gendarmette ». Il tient enfin son chef-d’œuvre.


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«LES BOULINGRINS », un couple qui déménage et que vous découvrirez en fin de spectacle.

Extrait :

  • M. Boulingrin : Quelle existence !
  • Mme Boulingrin : Je te conseille de te plaindre. Un fainéant, doublé d’un escroc, qui ne fait œuvre de ses dix doigts et se saoule avec l’argent de ma dot, les économies de mon vieux père !
  • M. Boulingrin : Ton père !… Dix ans de travaux forcés pour faux en écritures de commerce !
  • Mme Boulingrin : En tout cas, on ne l’a pas fourré à Saint Lazare pour excitation de mineure à la débauche, comme la mère d’un imbécile que je connais !
  • M. Boulingrin : Vous l’entendez ?
  • M. des Rillettes : Ne trouvez-vous pas que le temps s’est étrangement rafraîchi depuis une dizaine de jours.


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